Dans un environnement où la visibilité en ligne est devenue indispensable, Google Business Profile est devenu un outil incontournable pour les entreprises. Il expose des informations essentielles — adresse, téléphone, horaires, site web, parfois le nom du dirigeant — afin de faciliter la relation client.
Mais cette exposition soulève une question cruciale : peut-on utiliser ces données publiques pour mener des actions marketing B2B tout en respectant le RGPD ?
La réponse se situe dans une zone subtile, à la frontière entre visibilité publique et usage marketing responsable.
Les informations affichées sur Google Business sont publiques, mais cela ne signifie pas qu’elles peuvent être utilisées librement. Selon le RGPD, toute donnée permettant d’identifier une personne physique reste protégée, même si elle est visible en ligne.
Le dirigeant est conscient que ses informations professionnelles sont visibles. Mais cela ne vaut pas consentement à recevoir des e‑mails marketing.
Une fiche Google Business affiche :
Jean Martin – Gérant
Téléphone : 06 12 34 56 78
→ Jean Martin sait que son numéro est public.
→ Mais il n’a jamais donné son accord pour recevoir des sollicitations commerciales sur son mobile.
→ Utiliser ce numéro pour de la prospection serait considéré comme intrusif et non conforme.
En B2B, la prospection commerciale peut reposer sur l’intérêt légitime, à condition de respecter plusieurs principes :
Vous proposez un logiciel de gestion pour restaurants.
Vous trouvez sur Google Business : contact@restaurant-luna.fr
Vous pouvez envoyer un e‑mail professionnel du type :
“Bonjour, je me permets de vous contacter car nous aidons les restaurants à optimiser leur gestion quotidienne…”
→ Pertinent, professionnel, conforme au RGPD si une option de désinscription est incluse.
Exemple :
info@garage-du-centre.fr
→ E‑mail générique, message professionnel, désinscription possible.
Exemple :
paul.roche@garage-du-centre.fr
→ Adresse nominative :
Exemple :
Envoyer 10 e‑mails en une semaine à la même entreprise → considéré comme du spam.
À l’heure où Google Business expose en quelques clics l’identité et les coordonnées de milliers d’entreprises, la tentation est grande d’utiliser ces données comme un terrain de chasse marketing. Pourtant, la frontière entre visibilité publique et exploitation commerciale n’a jamais été aussi fine — ni aussi essentielle à respecter.
Les données affichées sur Google Business ne sont pas un laissez‑passer pour une prospection sans limites. Elles sont un point de contact, pas une autorisation. La différence entre les deux, c’est la responsabilité.
Responsabilité de cibler avec pertinence.
Responsabilité d’informer avec transparence.
Responsabilité de respecter la personne derrière l’entreprise.
Les marketeurs qui comprennent cette nuance ne se contentent pas d’être conformes au RGPD : ils gagnent en crédibilité, en efficacité et en confiance. Car dans un monde saturé de messages, ce n’est pas celui qui parle le plus fort qui se démarque, mais celui qui parle juste.
La prospection B2B n’est pas un rapport de force. C’est une relation professionnelle qui commence par un geste simple : respecter la donnée, respecter la personne, respecter la frontière.